La fin de vie

  • Durée

    2 jours
  • Pré-requis

    Aucun
  • Public

    Professionnels en EPDAH
  • Objectif

    L’objectif global est l’amélioration de la prise en charge des résidents en fin de vie d’une part et de l’accompagnement de leurs familles d’autre part.
    Il s’agit donc d’une formation-action avec pour objectifs d’apporter aux participants non seulement des apports théoriques et des outils propres à étayer leurs pratiques, mais aussi une réflexion sur leurs pratiques collectives et individuelles.
    Les objectifs intermédiaires sont :
    • Clarifier les concepts centraux de la fin de vie
    • Aborder la physiopathologie de la douleur
    • Préciser les différents schémas thérapeutiques de la douleur
    • Repérer les symptômes associés et les gérer
    • Aborder les concepts de séparation et de deuils (normal, compliqué, pathologique)
    • Analyse des pratiques et réflexion en vue de les améliorer
    • Mener une réflexion éthique, notamment à partir du vécu des soignants

  • Contenu

    Les établissements de santé sont devenus le lieu où l’on meurt, qu’ils soient à orientation purement curative ou plutôt dévolus à l’hébergement à plus ou moins long terme (entre du Long Séjour qui peut s’éterniser et du palliatifs où le temps manque parfois).
    C’est une réalité chiffrée, avec 72 % des décès survenant à l’hôpital… Alors qu’environ 70 % de personnes interrogées déclarent vouloir décéder chez elles…
    C’est également une réalité pour les soignants à qui est dévolue la tâche de soulager et d’accompagner ces personnes parvenues à la fin de leur existence.
    On pourrait répondre hâtivement qu’il en a toujours été historiquement comme ça pour les hospitaliers, mais qu’elle différence entre le sacerdoce d’antan et la technicité, la spécialisation et parfois la toute-puissance de la médecine d’aujourd’hui.
    Mais quelle tâche au fait ? Lutter contre la mort, la laisser faire, l’aider à venir parfois ?
    En fait, la société évacue l’idée même de la mort qu’elle dénie de plus en plus en la reléguant aux professionnels du soins, lesquels sont dans le même temps sensés être ceux qui soignent, sauvent, guérissent.
    Il en résulte au moins deux conséquences pour les soignants :
    D’une part, une désignation/obligation professionnelle, une injonction, parfois contraire aux idéaux qui ont conduits à choisir ces métiers, une injonction à être des professionnels de la mort.
    Cette partie de la profession, celle qu’on préférerait éviter la plupart du temps, n’est pas des plus évidentes car pas ou peu enseignée. C’est une des facettes de la profession de soignant qui s’apprend en grande partie sur le terrain, au fil de l’expérience.
    La possibilité, au travers d’une formation-action, de réfléchir à ses pratiques et à son vécu est une occasion de prendre du recul, de sortir la tête du guidon, pour mieux remplir cette tâche, sans y laisser sa santé.
    D’autre part, une confrontation personnelle plus que professionnelle, confrontation directe et répétée avec la mort, cette mort justement éclipsée par la société.
    Le décès des résidents renvoie inévitablement aux interrogations personnelles sur la mort, et pas seulement la mort en générale mais également et surtout notre mort et celle de nos proches.
    La confrontation à la mort réveille les questions métaphysiques propres à l’homme. Elles le place devant sa finitude ou devant des problèmes de choix éthiques concernant la fin de vie d’autres hommes ou femmes.
    Au final, on peut dire que la prise en charge du grand âge implique aussi de se confronter à la mort des personnes accueillies. Outre l’implication humaine qu’une telle tâche suppose, les dimensions professionnelles et éthiques sont également au premier plan et demandent de la part des soignants une prise de recul propre à améliorer leurs pratiques que ce soit dans les savoir-faire comme dans les savoirs-être.

    Séquence 1 : Comprendre
    Faire le point sur les attentes des stagiaires. Identifier les situations passées qui ont pu poser problème
    Réfléchir aux représentations autour de la mort
    Clarifier les concepts de douleur physique, de souffrance psychique… Identifier les différents schémas thérapeutiques de la douleur
    Séquence 2 : Evaluer l’existant
    Lister les outils actuellement utilisés et évaluer leur pertinence
    Analyser les pratiques en cours
    Séquence 3 : Dire
    Favoriser l’expression des ressentis et des difficultés rencontrées dans les situations de fin de vie
    Améliorer la communication avec le patient et/ou sa famille et au sein de l’équipe
    Séquence 4 : Agir
    Décider de la mise en œuvre d’actions propres à améliorer la prise en charge des résidents en fin de vie
    Améliorer la communication au sein des équipes
    Prévenir l’épuisement professionnel

    Séquence 1 : Comprendre

    Situer la mort dans son évolution historique et culturel
    L’évolution du rapport à la mort dans les sociétés occidentales
    Le rôle des rites funéraires et leur appauvrissement actuel
    L’institutionnalisation et la médicalisation de la mort
    Définition et historique du mouvement des Soins Palliatifs
    • Rapport concernant la fin de vie et l’accompagnement par Marie de Hennezel

    Quels textes législatifs récents autour de la mort, notamment les directives anticipées (loi Léonetti)
    La dimension éthique de la mort : clarification des concepts d’euthanasie, d’acharnement thérapeutique, d’accompagnement, de dignité humaine…

    Connaître les processus psychologiques liés à la mort
    Les étapes du travail de deuil décrites par E. Kübler-Ross
    La notion de travail de trépas décrite par le psychanalyste Michel de M’Uzan avec notamment la notion de dyade soignants-patient
    Le triangle Patient – Famille – Soignants

    Le deuil – processus normaux – deuils compliqués et deuils pathologiques
    Mécanismes psychologiques propres au deuil et pathologies du deuil
    Notion de pertes, d’angoisse de mort, d’ambivalence
    Les mécanismes d’identification et de projection dans la relation soignante
    Le deuil des professionnels

    Identifier les besoins des personnes en fin de vie
    Evaluation des besoins de la personne en fin de vie :
    • Sur le plan médical (antalgie, soins de confort, soutien psychologique)
    • En termes d’accompagnement humain et spirituel
    • En termes d’accomplissement de la personne
    Identifier les actions à mettre en œuvre

    Séquence 2 Evaluer l’existant

    Recenser les pratiques et les outils actuellement utilisés pour l’accompagnement des personnes en fin de vie

    Evaluer l’adéquation des pratiques et outils au regard des attentes exprimées

    Séquence 3 : Dire

    Ouvrir un espace d’échange et de discussion sur le thème

    Réfléchir à la mise en place pérenne de groupe de parole

    Séquence 4 : Agir

    Engager une démarche éthique
    Inscrire les grands principes de l’Ethique Médicale (principe du respect de l’autonomie du patient, principe de bénéfice ou de bienfaisance, principe de ne pas nuire, principe de justice) dans le projet d’établissement et de soins.

  • Méthodes pédagogiques

    Pédagogie basée sur les échanges entre le groupe des stagiaires et le formateur (précision des attentes par un tour de table initial), et sur une articulation des exposés théoriques avec des situations concrètes rapportées soi par le formateurs, ou évoquées par les stagiaires (méthode des cas)
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